Mon combat pour l’égalité des chances à l’université
Depuis mon inscription en faculté de droit à l’Université Toulouse I – Capitole, j’ai été confronté à de nombreuses difficultés liées à la prise en compte de mon handicap dans l’organisation de mes études.
Je suis en effet une personne en situation de handicap moteur de naissance (syndrome de Little), me déplaçant en fauteuil roulant électrique, et présentant également une dyspraxie visuo-spatiale ainsi que des troubles de l’attention.
Ces handicaps nécessitent des aménagements spécifiques dans l’organisation des études et des examens afin de garantir une véritable égalité des chances, conformément à la loi du 11 février 2005 et au Code de l’éducation.

1. Des difficultés récurrentes dans l’organisation des études
Malgré la reconnaissance de mon handicap et les préconisations médicales établies par la MDPH, j’ai été confronté à de nombreuses difficultés tout au long de mon parcours universitaire.
Ces difficultés concernaient notamment :
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des sujets d’examen inadaptés, difficiles à lire en raison de leur présentation (police trop petite, texte recto-verso, manque d’aération) ;
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des horaires d’examens incompatibles avec mes soins médicaux quotidiens, qui doivent être réalisés chaque jour à 17 heures ;
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un rythme d’examens extrêmement soutenu, parfois plusieurs heures d’épreuves en quelques jours seulement ;
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l’absence de prise en compte de certains aménagements pourtant nécessaires pour compenser mon handicap.
À plusieurs reprises, j’ai également constaté un manque de coordination entre les différents services de l’université, ce qui rendait particulièrement difficile l’adaptation de l’enseignement à ma situation.

2. Des démarches auprès des autorités
Mes échanges avec le ministère de l’Enseignement supérieur
Face aux difficultés rencontrées dans le cadre de mes études à l’Université Toulouse I – Capitole, j’ai décidé d’alerter directement les autorités nationales afin d’ouvrir une réflexion plus large sur l’égalité des chances des étudiants en situation de handicap.
Un premier courrier adressé à la ministre
Le 16 novembre 2023, j’ai adressé un courrier à Madame Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Dans ce courrier, j’expliquais que mon parcours universitaire avait été particulièrement difficile, en raison de plusieurs handicaps :
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un handicap moteur lié à une infirmité motrice cérébrale, m’obligeant à me déplacer en fauteuil roulant électrique ;
-
une dyspraxie ;
-
ainsi que des troubles de l’attention.
Je soulignais que, malgré les dispositifs existants, les étudiants en situation de handicap sont souvent contraints d’assumer un double rôle :
celui d’étudiant, mais aussi celui de gestionnaire de leurs propres aménagements administratifs.
J’expliquais notamment que j’avais dû, à plusieurs reprises :
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négocier directement avec des enseignants pour obtenir des aménagements pourtant nécessaires ;
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insister auprès de l’administration pour que certains droits soient respectés ;
-
faire face à un manque de coordination entre les différents services de l’université.
Au-delà de ma situation personnelle, ce courrier visait également à ouvrir une réflexion sur l’adaptabilité des aménagements universitaires, qui restent parfois trop standardisés et mal adaptés aux différents types de handicap.
Un second courrier pour compléter mes observations
Le 8 décembre 2023, j’ai adressé un nouveau courrier à la ministre afin de compléter mes observations et d’alerter sur de nouvelles difficultés rencontrées dans l’organisation de mes examens.
J’y expliquais notamment que certaines périodes d’examens pouvaient représenter plus de neuf heures d’épreuves en seulement trois jours, sans véritable temps de récupération.
Cette organisation est particulièrement difficile à supporter pour un étudiant présentant une fatigabilité importante liée à un handicap.
J’ai également signalé que les horaires des examens pouvaient entrer en conflit avec mes soins médicaux quotidiens, que je dois recevoir chaque jour à 17 heures et qui ne peuvent pas être déplacés.
Dans ce courrier, j’ai ainsi plaidé pour une meilleure prise en compte de la diversité des handicaps dans l’organisation des examens, notamment en permettant l’étalement des épreuves ou l’adaptation de certaines modalités d’évaluation.
Une alerte adressée également au délégué interministériel
Le même jour, j’ai également adressé un courrier à Monsieur Étienne Pot, délégué interministériel chargé de la stratégie pour les troubles du neurodéveloppement.
Dans ce courrier, j’exprimais notamment mon inquiétude concernant certains projets expérimentaux visant à créer une « université inclusive » dans un nombre limité d’établissements pilotes.
Selon moi, une telle approche pourrait créer une rupture d’égalité entre les universités, alors que les droits des étudiants handicapés devraient être garantis de manière uniforme sur l’ensemble du territoire.

3. La fausse égalité des chances dans l’enseignement supérieur
La loi du 11 février 2005 affirme un principe fondamental : celui de l’égalité des droits et des chances pour les personnes en situation de handicap. Dans l’enseignement supérieur, ce principe se traduit notamment par la mise en place d’aménagements destinés à compenser les effets du handicap dans l’organisation des études et des examens.
Sur le papier, ces dispositifs visent à garantir l’égalité entre les étudiants. Dans la pratique, cependant, leur application peut parfois produire l’effet inverse.
En effet, les mesures d’aménagement sont souvent standardisées et rigides, alors que les situations de handicap sont extrêmement diverses. Cette rigidité peut conduire à une forme de fausse égalité des chances : des mesures censées compenser un handicap peuvent, en réalité, créer de nouvelles difficultés.
L’exemple du tiers-temps lors des examens illustre bien cette problématique.
Le tiers-temps consiste à accorder à l’étudiant une majoration de la durée de l’épreuve. Cette mesure est aujourd’hui l’aménagement le plus fréquemment proposé aux étudiants en situation de handicap. Pourtant, elle n’est pas toujours adaptée à certaines situations.
Prenons l’exemple d’un étudiant présentant un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). L’une des caractéristiques de ce trouble réside dans les difficultés de concentration sur de longues périodes. Dans ce contexte, prolonger la durée d’une épreuve peut produire un effet paradoxal : au lieu de compenser le handicap, cela peut accentuer la fatigue cognitive et les difficultés de concentration.
Autrement dit, l’aménagement destiné à garantir l’égalité des chances peut devenir, dans certaines situations, un handicap supplémentaire.
Cette problématique se retrouve également dans l’organisation globale des sessions d’examen. Lorsque plusieurs épreuves sont concentrées sur une période très courte, les étudiants en situation de handicap peuvent être confrontés à une fatigabilité accrue, notamment lorsqu’ils doivent gérer leurs soins, leurs traitements ou certaines contraintes liées à leur handicap.
Dans ces conditions, l’absence de dispositifs permettant d’étaler les examens sur une période plus longue peut avoir des conséquences importantes, tant sur la réussite universitaire que sur la santé des étudiants concernés. Plusieurs étudiants en situation de handicap évoquent ainsi des situations de burn-out liées à l’accumulation des épreuves et à l’insuffisance des adaptations proposées.
Ces constats invitent à repenser la notion même d’égalité des chances dans l’enseignement supérieur. Garantir l’égalité ne consiste pas nécessairement à appliquer les mêmes mesures à tous les étudiants handicapés, mais plutôt à adapter les dispositifs aux besoins réels de chacun.
Cette égalité des chances devrait donc être pensée avec davantage de pragmatisme.
Par exemple, accorder systématiquement une heure de temps supplémentaire lors d’un examen n’est pas toujours la solution la plus pertinente. Dans certains cas, il pourrait être plus efficace de repenser le format même des épreuves, afin qu’elles soient mieux adaptées aux différents profils d’apprentissage.
Ainsi, plutôt que de multiplier les épreuves longues et très concentrées dans le temps, certaines évaluations pourraient prendre la forme de travaux plus progressifs, comme la rédaction de mini-mémoires ou de dossiers de recherche sur des sujets larges et transversaux.
Ce type d’exercice présente plusieurs avantages :
-
il permet de valoriser la capacité d’analyse et de réflexion sur le long terme ;
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il réduit la pression liée aux examens chronométrés ;
-
il offre une plus grande souplesse d’organisation, mieux adaptée aux contraintes liées à certains handicaps.
Une politique universitaire véritablement inclusive suppose donc d’aller au-delà des aménagements standardisés et de réfléchir à une transformation plus profonde des modalités d’évaluation, afin de concilier deux exigences fondamentales :
-
préserver l’égalité entre les étudiants ;
-
tout en tenant compte de la diversité des situations de handicap.
Sans cette adaptation, l’égalité des chances risque de rester un principe théorique, éloigné de la réalité vécue par de nombreux étudiants en situation de handicap.

4. Un courrier adressé à l’université resté sans réponse
Face aux nombreuses difficultés rencontrées dans l’organisation de mes études, j’ai adressé le 5 avril 2024 un courrier recommandé au président de l’université afin de dresser un bilan détaillé du second semestre de ma troisième année de licence de droit.
Dans ce courrier, j’alertais l’université sur plusieurs dysfonctionnements importants liés à la prise en compte du handicap dans l’organisation des études.
J’y évoquais notamment :
- le rythme de travail particulièrement intense imposé durant le semestre ;
- les difficultés rencontrées dans le cadre destravaux dirigés, notamment en raison de documents volumineux transmis tardivement ;
- l’absence d’aménagements effectifs dans le cadre ducontrôle continu, laissant parfois les enseignants libres d’accorder ou non des adaptations ;
- l’organisation de certaines épreuves et enseignementsincompatibles avec mes soins médicaux quotidiens ;
- ainsi que les difficultés rencontrées avec certains dispositifs d’accompagnement pédagogique, comme la prise de notes ou l’accès aux supports de cours.
Ce courrier visait à ouvrir un dialogue avec l’université afin de trouver des solutions concrètes permettant d’améliorer la prise en compte du handicap dans l’organisation des études.
Cependant, aucune réponse ne m’a été apportée à ce courrier.
Cette absence de réponse illustre les difficultés que peuvent rencontrer certains étudiants en situation de handicap lorsqu’ils tentent de faire valoir leurs droits et d’alerter sur les dysfonctionnements rencontrés dans l’organisation de leurs études.

5. La saisine du Défenseur des droits
Face à cette absence de réponse, j’ai décidé de saisir le Défenseur des droits, autorité administrative indépendante chargée notamment de lutter contre les discriminations et de veiller au respect des droits des usagers des services publics.
Dans le cadre de l’instruction de ce dossier, le Défenseur des droits a interpellé l’université afin d’obtenir des explications sur les difficultés signalées.
Toutefois, là encore, aucune réponse n’a été apportée par l’université aux sollicitations du Défenseur des droits.
Cette absence de réponse, tant à mes propres démarches qu’à celles du Défenseur des droits, illustre les difficultés que peuvent rencontrer certains étudiants en situation de handicap lorsqu’ils tentent d’alerter les institutions sur les obstacles auxquels ils sont confrontés dans la poursuite de leurs études.

6. Une année de pause imposée par l’épuisement
Face aux difficultés répétées rencontrées tout au long de mon parcours universitaire, cette situation a eu des conséquences importantes sur ma santé.
En effet, les obstacles rencontrés dans l’organisation de mes études et la nécessité constante de devoir me battre pour faire reconnaître mes droits ont fini par provoquer plusieurs épisodes de burn-out au fil des années.
Dans ce contexte, j’ai été contraint de faire une année de pause dans mon parcours universitaire, afin de pouvoir me reconstruire et retrouver un équilibre personnel.

7. Refus de réinscription à l’université
Après cette période de pause, j’ai souhaité reprendre mes études et me réinscrire en licence de droit pour l’année universitaire 2025-2026.
Cependant, l’université a refusé ma réinscription au motif que j’avais atteint le nombre maximal d’inscriptions autorisées dans le cycle licence.
Face à cette décision, j’ai sollicité une dérogation exceptionnelle, en expliquant que les difficultés rencontrées au cours de mon parcours étaient directement liées à mon handicap et aux problèmes d’aménagements rencontrés durant mes études.
Cette demande de dérogation a toutefois été refusée par l’université.

8. Des recours administratifs restés sans effet
Afin de contester cette décision, j’ai entrepris plusieurs démarches administratives :
-
un recours gracieux auprès de l’université ;
-
un recours hiérarchique auprès du recteur de l’académie.
Ces deux recours sont restés sans résultat, l’administration maintenant son refus de réinscription.

9. La saisine du tribunal administratif
Face à l’absence de solution, j’ai finalement décidé de saisir la justice administrative.
J’ai ainsi introduit un référé liberté devant le tribunal administratif de Toulouse, afin de contester le refus de réinscription et de faire valoir mes droits.
Cette procédure vise notamment à faire reconnaître que la décision de l’université porte atteinte à mon droit fondamental à l’éducation, ainsi qu’au principe d’égalité des chances pour les étudiants en situation de handicap.

10. Le référé liberté devant le tribunal administratif de Toulouse
Face à cette situation, j’ai saisi le tribunal administratif de Toulouse dans le cadre d’une procédure d’urgence appelée référé liberté, sur le fondement de l’article L.521-2 du code de justice administrative.
Cette procédure permet au juge d’ordonner toute mesure nécessaire pour faire cesser une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.
Je demandais au tribunal d’ordonner à l’université d’accepter ma réinscription en licence.
Lors de l’audience, la partie adverse a contesté plusieurs points essentiels :
-
l’existence d’une situation d’urgence ;
-
la qualification du droit à l’éducation comme liberté fondamentale pour les étudiants majeurs ;
-
l’existence d’un manquement de l’université dans la prise en compte du handicap.
L’université a notamment soutenu que le droit à l’éducation, dans le cadre du référé liberté, ne concernerait que les enfants soumis à l’obligation scolaire, et non les étudiants de l’enseignement supérieur.

11. Le raisonnement du tribunal
Dans sa décision, le tribunal administratif rappelle tout d’abord un principe important :
les conditions de déroulement des examens universitaires, même si elles peuvent créer des situations d’inégalité, ne constituent pas en elles-mêmes une atteinte à une liberté fondamentale.
Autrement dit, selon le tribunal, le fait que l’organisation des examens puisse désavantager certains étudiants — y compris des étudiants en situation de handicap — ne suffit pas, en droit, à caractériser une violation grave d’un droit fondamental permettant l’intervention du juge dans le cadre d’un référé-liberté.
Cependant, le tribunal rappelle également que les autorités publiques ont l’obligation d’assurer une prise en charge adaptée des étudiants en situation de handicap. Cette obligation implique notamment la mise en place d’aménagements spécifiques pour les examens ainsi qu’un accompagnement permettant de garantir l’égalité des chances.
Le juge précise néanmoins que cette obligation ne peut conduire à l’intervention du juge des référés que dans des conditions très strictes. Pour que la procédure de référé-liberté puisse être utilisée, il faut démontrer :
-
l’existence d’une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale,
-
ainsi qu’une urgence particulière nécessitant l’intervention immédiate du juge.
Autrement dit, même en présence de difficultés dans la mise en œuvre des aménagements liés au handicap, l’intervention du juge en urgence ne peut être ordonnée que si ces difficultés atteignent un niveau de gravité particulièrement élevé.

12. Un raisonnement révélateur des limites de l’égalité des chances
Ce raisonnement développé par le tribunal peut toutefois apparaître particulièrement contestable.
Le juge reconnaît en effet explicitement que les conditions de déroulement des examens peuvent créer des situations d’inégalité, mais affirme dans le même temps que cette situation ne permet pas, en elle-même, d’invoquer une atteinte à une liberté fondamentale dans le cadre d’un référé-liberté.
Cette position peut apparaître profondément paradoxale.
Car si l’organisation des examens est susceptible de générer des situations d’inégalité entre les étudiants — et en particulier entre les étudiants valides et les étudiants en situation de handicap — il est difficile de comprendre comment une telle situation pourrait être considérée comme juridiquement neutre au regard des libertés fondamentales.
Autrement dit, le tribunal semble reconnaître l’existence possible d’inégalités tout en considérant que celles-ci ne sont pas suffisamment graves pour justifier l’intervention du juge dans le cadre d’une procédure d’urgence.
Une telle argumentation interroge directement la portée réelle du principe d’égalité des chances proclamé par le droit de l’éducation.
Car admettre que l’organisation concrète des examens puisse créer des situations d’inégalité sans que cela puisse être juridiquement qualifié d’atteinte à une liberté fondamentale conduit à poser une question essentielle : quelle est alors l’effectivité réelle des droits reconnus aux étudiants en situation de handicap ?
Plus largement, ce raisonnement illustre une difficulté fréquente dans le contentieux du handicap :
les principes d’égalité et d’inclusion sont largement affirmés par les textes, mais leur invocation devant le juge se heurte souvent à des conditions procédurales particulièrement strictes.
Ainsi, même lorsque des inégalités concrètes peuvent être identifiées, celles-ci ne suffisent pas nécessairement à déclencher l’intervention du juge dans le cadre des procédures d’urgence.

13. La procédure de référé suspension
Après le rejet de la procédure de référé-liberté, j’ai décidé d’engager une seconde procédure d’urgence : un référé suspension, sur le fondement de l’article L.521-1 du code de justice administrative.
Cette procédure permet au juge administratif de suspendre l’exécution d’une décision administrative lorsqu’il existe :
-
une urgence,
-
et un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
Dans ce cadre, j’ai demandé au tribunal administratif de Toulouse :
-
la suspension de la décision du 9 juillet 2025 par laquelle l’université Toulouse Capitole avait refusé ma réinscription en licence 3 ;
-
une injonction à l’université de procéder à mon inscription pour l’année universitaire 2025-2026 ;
-
ainsi que la condamnation de l’université à me verser une somme au titre des frais de justice.
Cette demande reposait notamment sur plusieurs arguments :
-
le refus de réinscription portait une atteinte grave à mon projet universitaire et professionnel ;
-
les difficultés rencontrées durant mon parcours étaient directement liées à une mise en œuvre défaillante des aménagements liés au handicap ;
-
la décision de l’université était disproportionnée, alors qu’il ne me restait que très peu d’unités d’enseignement à valider.
J’ai également rappelé dans cette requête les nombreuses démarches que j’avais entreprises auparavant :
-
courriers adressés au ministère de l’Enseignement supérieur ;
-
saisines du Défenseur des droits ;
-
courriers adressés au président de l’université ;
-
multiples échanges avec les services administratifs.
Ces démarches étaient restées sans réponse ou sans solution concrète.

14. La décision du 13 octobre 2025
Par une ordonnance rendue le 13 octobre 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a rejeté cette nouvelle demande.
Le tribunal a estimé qu’aucun des arguments invoqués n’était de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision de refus de réinscription.
Dans ces conditions, le juge a rejeté la requête sans même examiner la condition d’urgence, en application de l’article L.522-3 du code de justice administrative.
Autrement dit, selon le tribunal, les éléments présentés dans la requête ne suffisaient pas, en l’état de l’instruction, à remettre en cause la légalité de la décision de l’université.

15. Une décision rendue sans audience
Il est également important de préciser que cette ordonnance a été rendue sans audience publique, sur la base d’une procédure simplifiée prévue par le code de justice administrative.
Cette procédure permet au juge de rejeter une requête lorsqu’il estime, à la lecture du dossier, que celle-ci est manifestement mal fondée ou ne présente pas les conditions nécessaires pour être examinée dans le cadre d’un référé.
Dans mon cas, le juge a considéré que les moyens soulevés n’étaient manifestement pas suffisants pour créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

16. Une décision particulièrement contestable
Cette décision soulève plusieurs interrogations.
En effet, la requête produisait un ensemble important d’éléments documentés :
-
certificats médicaux,
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correspondances avec l’université,
-
courriers adressés aux autorités administratives,
-
intervention du Défenseur des droits,
-
et pièces attestant des difficultés rencontrées dans l’organisation des aménagements.
Malgré ces éléments, le tribunal a estimé que les arguments développés ne permettaient pas de remettre en cause la légalité de la décision de refus de réinscription.
Cette appréciation apparaît particulièrement sévère, d’autant plus que la procédure de référé suspension a précisément pour objet de vérifier s’il existe un doute sérieux, et non d’exiger une démonstration complète de l’illégalité de la décision.